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DEFENSES TACTIQUES

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100% des femmes ont déjà été harcelées dans les transports

Publié le 11 Juillet 2015 par defenses-tactiques

Oui, 100% des femmes ont déjà été harcelées dans les transports

Des petits bruits de bouche, des compliments insistants, des questions répétées, et quelques insultes. Le harcèlement dans les transports commence aussi par là. Chaque utilisatrice serait concernée.

Le gouvernement a lancé ce jeudi un plan de lutte contre le harcèlement dans les transports en commun. (MARTIN BUREAU / AFP)

Elles l’ont toutes déjà subi. 100% des femmes ont été victimes, au moins une fois dans leur vie, de harcèlement dans les transports en commun, révélait en avril dernier le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh). Le chiffre était suffisamment fort pour que le gouvernement s’empare du sujet et lance un plan de lutte ce jeudi. Mais ce nombre rond et unanime en a surpris plus d’un, hommes et femmes confondus. 100%... Vraiment ?

"La méconnaissance de la notion de harcèlement sexiste donne l’impression que le chiffre 100% est énorme", affirme Margaux Collet, porte-parole d’Osez le féminisme, jointe par "l'Obs". "C’est pourtant un constat que nous avons fait il y a longtemps". Même remarque du côté de l’association Stop au harcèlement de rue :

Car la palette des agissements condamnés est très large. Elle va du comportement non réprimé par la loi - des regards, des sifflements, des commentaires déplacés - jusqu’au viol. En passant par les insultes, les exhibitions ou encore les agressions.

Traiter une femme de "salope" parce qu’elle n’a pas voulu converser sur le quai du métro peut - en théorie - coûter la bagatelle de 22.500 euros et un séjour en prison de six mois.

Une personne qui s’exhibe en public paiera elle aussi cher, toujours théoriquement. 15.000 euros et un an d’emprisonnement. Encore faut-il porter plainte. Astrid, elle, n’avait pas osé. Alors qu’elle prenait un train de banlieue reliant Paris à Versailles, l’homme assis en face d’elle - "une quarantaine d’années, en costume, qui rentrait sûrement du travail" - a commencé à se masturber.

"La parole se libère de plus en plus. L’évolution est lente mais la prise de conscience citoyenne est en marche. Il faut faire avancer les mentalités", estime Alice Barbe, responsable du groupe transport pour l’association Stop au harcèlement de rue.

Le phénomène touche tout le monde, "tous les arrondissements de Paris comme les provinces françaises", insiste-t-elle. "Demandez autour de vous, beaucoup ont déjà été suivies au moins une fois dans leur vie, ou ont dû changer de rame à cause de paroles désobligeantes ou de regards salaces qui les mettaient très mal à l’aise", poursuit Margaux Collet d’Osez le féminisme.

Marie-Laure, étudiante à Toulouse, n’est pourtant "pas d'un naturel à avoir peur. Ça m’arrive de rembarrer des mecs très lourds et insistants, mais rien de bien méchant". En revanche, quand le chauffeur du bus a adopté un soir un comportement similaire à certains de ses usagers, le ressenti n’était plus le même.

Le chauffeur savait-il qu’il venait de la plonger dans un état de stress ? "Pas forcément. Beaucoup ne sont pas conscients qu’ils peuvent être qualifiés d’harceleurs. Un étudiant trop alcoolisé qui commence à embêter une jeune fille dans le métro peut penser qu’il la drague. Non, dans certains cas ce n’est pas de la drague. Il y a des limites", note Alice Barbe.

Le plan du gouvernement était très attendu et "représente un bon début", selon les associations. Améliorer les services d’alerte ou encore expérimenter des arrêts à la demande dans les bus de nuit "sont des nouveaux moyens de réponses", qui accompagneront une campagne de sensibilisation.

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