Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
DEFENSES TACTIQUES

www.defensestactiques.fr

ARTICLE SUR LE STRESS À LIRE

Publié le 23 Octobre 2013 par defenses-tactiques

ECRIT PAR ROBERT PATUREL  20 ANS AU R.A.I.D 

Le comportemental :la peur, le stress et ses effets :
Ayant souvent eu l’occasion de « flirter » avec le stress, je crois pouvoir en parler par expérience.
Elevé dans un quartier difficile, puis la boxe, puis portier de discothèque, puis 30 ans de Police dont 20 ans au RAID. 
J’ai fini par m’intéresser à tous les processus liés aux stress et à ses résurgences.
Il est important de comprendre qu’en situation de danger l’amygdale limbique va déclencher l’alarme, il s’en suivra un déferlement neuronal qui va faire que le cœur va s’accélérer.
Le sang sera rappelé vers les organes utiles pour le combat ou la fuite (poumons, muscles, yeux).
Par le même procédé une partie du sang se trouvant dans le cerveau de la réflexion (néocortex) va migrer dans le cerveau des émotions (limbique) entraînant ainsi une diffusion d’adrénaline mais surtout une confusion et des difficultés à réfléchir posément.
En situation de crise, les seules choses sur lesquelles nous avons un pouvoir de contrôle relatif, ce sont nos émotions et notre comportement, il faut donc essayer de ne pas dysfonctionner et s’adapter au mieux à la situation. 
Si les sports de combat informent sur la gestuelle à appliquer, ils ne sont pas pour autant la seule méthode à prendre en compte. La défense de rue est une technique au deux tiers psychologique. Les différentes phases observées lors d’une agression doivent être déchiffrées. La détection des dangers potentiels, sera sensiblement la même pour tous. La gestion de l’altercation va différer selon vos antécédents, votre compétence en combat et votre capacité à fonctionner malgré un stress intense.
Les techniques de défense vont également différer selon la charge émotionnelle et les moyens dont vous disposerez pour y faire face. Il est donc clair que le combat ne représente qu’une partie de la défense personnelle, même s’il s’agit d’une partie essentielle. Si je ne crois pas en ma capacité à survivre à une situation de conflit physique, j’aurais des difficultés à gérer une agression verbale. Le stress qui va me submerger au moment de la discussion avec mon agresseur va m'empêcher de penser et de me comporter correctement. Si je sais que j’ai les moyens de m’en sortir, la connaissance de mes qualités physiques et l’expérience de l'entraînement vont me permettre de mieux gérer l’agression. 
Plus je me sens à l’aise avec mes techniques de défense, plus je peux discuter de façon détendue, plus j’ai des chances d'empêcher la réalisation de l’agression. Si je commence à montrer des signes de faiblesse je renforcerais le mental de mon adversaire. Les techniques des sports de combat et des arts martiaux sont utiles, mais pas toujours accessibles dans une situation de stress. L’idéal est de réussir à codifier des réponses naturelles en faisant appel au « réflexif ». Quand l’automatisme finit par être la seule réponse immédiate on commence à être dans le vrai. Quand le geste appris revient instinctivement, la bonne réponse est acquise. Si en situation de stress, je ne fournis pas la réponse enregistrée, c’est une « régression », il faudra donc continuer l’exercice jusqu’à l’effacement du geste parasite. Le geste parasite ne sera pas complètement effacé on va seulement "surimprimer" dessus, ce qui occasionne parfois en cas de stress intense une résurgence de l'ancien geste (régression).
Lors d’un apprentissage en sports de combat, l’élève va passer par différentes phases. En arrivant à la salle le premier jour, bien souvent il est persuadé de connaître certaines choses et de savoir à peu près se battre. Il est inconscient de son incompétence. Puis dès les premières leçons, il va se rendre compte des difficultés à donner des coups et surtout à les éviter. Il va alors prendre conscience de son incompétence. Cette phase constituera une situation indispensable mais inconfortable de l’évolution pouvant fragiliser l’élève durant un certain temps. Puis il va progresser, mais ne saura pas (ou n’osera pas) encore utiliser ses nouvelles armes. Il ne prend pas encore conscience de sa nouvelle compétence. Doucement, grâce à son entourage il va prendre enfin confiance en lui, il va être conscient de ses compétences. Mais quelques fois à cause du stress, lors de compétitions, l’élève peut être amené à régresser (inconscient de sa nouvelle compétence ou dévalorisation). C’est la contre-performance assurée. En fait, lors de l’apprentissage l’élève passera par des phases bien distinctes : la notion de compétence conscience c’est le moment où l’élève commence à maîtriser les choses mais que cela lui demande une énorme concentration et un surcout d’énergie (ex : il vient d’avoir son permis et il est très concentré quand il conduit, un trajet un peu long le fatigue beaucoup ) l’état de compétence inconscience c’est au contraire quand il a automatisé les bons gestes et attitude et que cela ne lui demande plus d’énergie (ex : quand il conduit sa voiture quelques années après le permis il le fait automatiquement sans que cela ne lui demande un surplus d’énergie dû à la grande concentration consciente du débutant ).
Le stress peut être négatif comme vu plus haut, mais aussi positif. L’athlète qui bat un record du monde le jour des JO alors qu’il ne l’a jamais approché à l’entraînement bénéficie d’un stress positif.
Le contraire est également possible, celui qui ne réussira pas à renouveler les prouesses des entraînements précédents.
Pour le combattant, l’atteinte du seuil de panique,(ou stress dépassé), ce moment ou toute organisation devient impossible est un écueil parfois difficile à franchir.
Le combat que se livrent la raison, l’émotion et l’action est redoutable.
L’émotion peut tuer l’action= je me fige.
Mais l’action peut amoindrir l’émotion= le fameux coup de gong libérateur du boxeur.
La raison peut amoindrir l’émotion.(une peur raisonnée)
Les gens qui ont l’habitude de travailler régulièrement sous stress (pompiers, policiers, gendarmes, militaires) peuvent se désensibiliser à un certain stress, mais ils seront vulnérables à un stress qui les sort de leur contexte professionnel.
Celui qui se sent investit d’une mission collective sera moins sujet au stress qu’un sujet qui intervient individuellement.
Le stress est une réaction normale, face à une situation anormale.
Le stress est nécessaire à notre survie et nous accompagne partout comme une vieille maîtresse qui peut devenir parfois gênante.
Il faut donc le gérer au mieux et savoir vivre avec.
Robert Paturel

Commenter cet article