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DEFENSES TACTIQUES

www.defensestactiques.fr

COMMENT UN AGRESSEUR REPERE-T-IL SA VICTIME ?

Publié le 19 Octobre 2014 par defenses-tactiques

Voici un article que je vous encourage à lire.

Eric QUEQUET fondateur de l' ADAC nous explique comment un agresseur repère sa victime dans la rue ?

 

Bon lec ture à tous.

N'hésitez pas à rejoindre le club Défenses Tactiques est son enseignement unique à Rennes.

 

Quels sont les différents types d'agressions auxquels nous pouvons faire face dans la rue,

et quels sont les moyens d'y faire face ? Eric Quequet nous donne plusieurs réponses dans cet entretien.

Quels sont les différents types d’agression ?

Il faut tout d’abord distinguer les agressions survenant en réaction à quelque

chose qui a été vécu comme une atteinte de celles qui sont dues à un projet délinquant.

Il ya également un autre type qui a à voir avec des pathologies spécifiques

(exemples : schizophrénie ou diabète).

Dans le premier cas, l’individu réagit à ce qu’il considère comme une atteinte.

Il nous est tous arrivé de nous faire doubler dans une queue au cinéma

et le premier sentiment que l’on ressent est celui d’injustice.

Ce puissant moteur peut nous pousser à faire une réflexion à l’adresse du "tricheur".

Et si celui-ci rétorque ou ne s’excuse pas, cela peut déboucher vers une situation conflictuelle

et même s’acheminer vers un passage à l’acte,

si tant est que l’on est déjà énervé, fatigué out tout simplement de nature violente.

Il ya une multitude d’occasions de se sentir agressé dans la vie de tous les jours. 

Pour certains, un regard trop appuyé est déjà vécu comme une agression

ainsi que le fait de se faire doubler en voiture.

Il est à noter, d’ailleurs que ce sont les personnes les moins confiantes

en elles qui se sentent le plus facilement agressées.

Dans le deuxième cas, l’agression est la résultante d’une stratégie délinquante.

Celui qui a choisi de voler les gens pour gagner sa vie

met donc en place une organisation pour arriver à ses fins.

Elle est bien résumée dans ce qu’on appelle "la règle des 5 D".

Une phase de Détection, une phase de réduction de la Distance, une autre ou s’établit

un Dialogue test avec un éventuel Détournement d’attention pour déboucher

sur des Dommages (vol, viol...). D’autres stratégies existent comme celles du type "attaque de banque"

, où l’agresseur va, par son action violente sidérer tout le monde pour agir tranquille.

Il peut encore agir par surprise totale comme lors d’un vol de sac.

Dans le troisième cas de figure, on a à faire à des personnes malades.

La caractéristique est qu’il est difficile de raisonner ces clients-là,

leur néocortex étant déficient par la maladie ou l’absorption de substances toxiques dont l’alcool.

Il en résulte une grande imprévisibilité réactionnelle.

On m’a raconté récemment qu’un type costaud dormait dans le métro

lorsqu’un passager est venu s’assoir à côté de lui.

Réveillé en sursaut le costaud a sauté sur son voisin

et l’a frappé très violemment à plusieurs reprises avant de descendre.

On imagine facilement que ce monsieur avait de sérieux problèmes psychologiques

et que ses urines n’étaient pas claires.

Y a-t-il un profil type de victime ?

Disons qu’il y a des caractéristiques communes aux personnes qui se font agresser.

Mettez vous un instant à la place d’un agresseur .

Votre ambition, c’est d’avoir le maximum de bénéfices pour un minimum de coûts.

Vous allez donc sélectionner le type de personnes que vous allez agresser.

Vous allez choisir l’élément faible du troupeau comme le font les prédateurs mammifères dans la nature.

Comment reconnaît-on un élément faible ?

Généralement, c’est facile à voir :

la démarche n’est pas assurée et souvent désynchonisée par rapport aux autre personnes alentour.

Obervez les touristes dans le métro.

Ils marchent plus lentement que les autres, souvent au milieu des escalators,

ils ont le nez en l’air pour repérer les indications... 

bref, on sent qu’ils ne sont pas chez eux et que cela les insécurise un peu,

comme vous quand vous allez dans un pays étranger.

Si je suis l’agresseur, je vais passer à la phase deux, m’approcher.

C’est un test en soi. En effet, passé une certaine distance, si la victime potentielle ne réagit pas,

c’est soi qu’elle manque de vigilance, soit qu’elle n’ose pas réagir.

Je vais donc enchainer par un éventuel dialogue pour confirmer mes impressions.

Il ou elle n’ose pas me regarder, elle balbutie :

c’est tout bon pour moi et j’enchaine par une autre trangression : toucher la personne.

En fait, l’agresseur va toujours se permettre plus si on ne l’arrête pas.

Y a-t-il des choses à faire pour le dissuader ?

Dans un premier temps et quand on connait les genres de risques auxquels on peut être confrontés,

il est de bon aloi de prendre des précautions de base.

Etre vigilant me parait être essentiel.

A l’époque ou plus personne n’est capable de prendre les transports en commun

ou même marcher dans la rue sans regarder son portable ou sans casque sur la tête,

je pense qu’il ya fort à faire de ce côté.

Je balaye du regard mon environnement. Si quelqu’un se rapproche trop, je le regarde d’abord,

et si il continue je me déplace. 

S'il continu, je l’arrête avec la voix et le geste (barrière physique).

Quand on est attentif à tout ce qu’il y a autour, on voit plein de choses,

et notamment ceux qui sont en train de repérer.

Ensuite, on évite d’exposer ses valeurs (bijoux, montre, portable, etc).

Cette règle de base est très rarement respectée

et je m’étonne toujours de voir le nombre de sacs à main ouverts à portée de main.

La détermination palpable dans le regard, l’attitude et la façon de bouger sont aussi très dissuasives.

A ce titre, la pratique des arts martiaux ou autres sports de combat ou arts de défense aide beaucoup.

On se sent plus confiant et ça se voit.

On a moins peur du contact physique et aux yeux du délinquant,

nous pouvons devenir un problème. Et donc, pour lui, c’est plus dangereux

(le coût est plus grand que le bénéfice).

Il est à noter quand même que certains individus (pathologiques)

sont motivés pour attaquer les grands balèzes.

J’ai pas mal de copains très costauds et très dissuasifs qui se font brancher régulièrement pas des biscottes.

Attention dans ces cas là,

la personne est peut être armée ou a des copains prêts à intervenir,

ou bien elle excelle en baston de rue et se fixe des challenges.

Si toutefois vous arrivez au stade où vous devez tenir quelqu’un à distance,

il va falloir "être cohérent" donc avoir le regard qui va avec l’attitude

avec la voix et avec les mots.

A l’Académie des arts de combat, nous avons développé un module sur le thème de la "gestion de la phase pré agressive". Pour nous, c’est essentiel.

Comment puis je m’entrainer à modifier mon comportement ?

En participant à des stages de mise en situation CATS

où vous vous verrez agir en situation.

Vous pourrez, avec l’aide du formateur, faire un débriefing et voir ce qu’il y a à modifier.

J’ai bâti ces stages en 1998 avec mon expérience du terrain et beaucoup de travail d’analyse.

Maintenant, j’interviens dans des entreprises pour aider les professionnels à faire face à des publics agressifs.

J’ai acquis une expérience beaucoup plus large.

Sinon, ou en complément, utilisez votre miroir,

exactement comme le faisait Vincent Cassel dans le film La Haine.

Apprenez à jouer avec votre corps comme un acteur, à mettre une émotion et à l’exploiter.

Je raconte souvent comment un des mes amis a "retourné le cerveau" 

de trois types qui voulaient lui casser la tête dans une soirée.

Il a joué à fond le rôle du mec qui n’a pas froid aux yeux

et qui est prêt à tout, ce qui a complètement dissuader les agresseurs.

Pourtant, il ne sait pas se battre et n’est pas du tout en forme physiquement.

Le truc de base à savoir est que ce que l’on ressent à l’intérieur se voit à l’extérieur.

Il faut donc apprendre à mettre la bonne intention à l’intérieur et le reste suit.

On parle beaucoup d’agression gratuite type "happy slapping"... Y a-t-il moyen de s’en protéger ?

Je ne vois que la vigilance.

Mais elle a ses limites car on ne peut pas être toujours vigilant,

ce serait trop couteux pour l’organisme.

Je pense que ce genre d’agressions n’est pas si courant

que cela et que flipper de tout en permanence aura surtout comme conséquence de nous gâcher la vie

tous les jours, pour finalement un risque assez faible de se faire agresser.

Il est vrai que mon analyse est peut être influencée du fait que j’habite en pleine campagne

maintenant et que les vaches sont plutôt courtoises par chez moi.

J’ai toutefois entendu parler d’un renard qui est venu bouffer les poules du voisin comme quoi, nulle contrée n’est préservée de la délinquance.

 

Eric QUEQUET

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